Un interrupteur différentiel 30 mA protège les personnes en coupant l’alimentation des circuits associés lorsqu’il détecte un déséquilibre entre le courant entrant et le courant sortant, signe d’une fuite électrique. Pour le choisir, trois indications doivent être examinées séparément : la sensibilité de 30 mA, le calibre de 40 A ou 63 A et le type AC, A ou F.
Cette protection reste additionnelle : elle ne remplace pas une mise à la terre correcte. Elle ne protège pas non plus contre les surcharges et les courts-circuits, qui doivent être pris en charge par les disjoncteurs placés en aval. Un disjoncteur différentiel, en revanche, réunit ces deux fonctions.
Comprendre les marquages 30 mA, 40 A ou 63 A et AC, A ou F
Les principales indications portées sur l’appareil ne désignent pas la même caractéristique électrique :
| Marquage | Signification | Conséquence pour le choix |
|---|---|---|
| 30 mA | Sensibilité différentielle | Détermine la détection des courants de fuite et la protection additionnelle des personnes. |
| 40 A ou 63 A | Courant assigné de l’appareil | Doit être dimensionné selon la protection générale ou les circuits alimentés en aval. |
| AC, A ou F | Formes de courant de défaut détectées | Doit correspondre à la nature des équipements raccordés. |
Un modèle 63 A n’est donc pas « plus sensible » qu’un modèle 40 A lorsque tous deux sont marqués 30 mA. Il accepte simplement un courant assigné supérieur. De même, le type de l’appareil ne permet pas de déterminer son calibre.
Quel type d’interrupteur différentiel choisir ?
Le type AC détecte les défauts alternatifs sinusoïdaux et convient aux usages généraux. Il peut notamment protéger des circuits courants lorsqu’aucun équipement ne nécessite un type différent.
Le type A détecte également certaines composantes continues pulsées. Il couvre notamment les circuits des plaques de cuisson et du lave-linge. La différence entre les types A et AC dépend donc des courants de défaut susceptibles d’être produits par les appareils, et non de leur seule puissance.
Le type F reprend les capacités du type A et convient aux équipements monophasés comportant un variateur de vitesse. Il offre aussi une meilleure résistance aux perturbations. Une infrastructure de recharge de véhicule électrique répond à des exigences propres au mode de charge et à l’équipement installé : son dispositif différentiel ne doit pas être choisi par simple assimilation à un circuit domestique courant.
Comment dimensionner le calibre de 40 A ou 63 A ?
Le calibre se détermine par l’amont ou par l’aval. Avec la méthode par l’amont, le courant assigné de l’interrupteur différentiel doit être au moins égal à celui de la protection générale. Une éventuelle production locale d’électricité doit également être intégrée au dimensionnement.
Avec la méthode par l’aval, le calcul retient 100 % des calibres des circuits de chauffage électrique direct, de production d’eau chaude et de recharge électrique, auxquels s’ajoutent 50 % des calibres des autres circuits placés sous l’interrupteur différentiel.
Le choix entre 40 A et 63 A dépend donc de l’architecture réelle du tableau. Un 63 A n’est pas systématiquement préférable : il peut être nécessaire lorsque le calcul l’impose, mais il ne compense ni une mauvaise répartition des circuits ni un type inadapté. Il faut choisir entre un interrupteur différentiel 40 A ou 63 A après avoir vérifié l’une des deux méthodes de dimensionnement.
Combien de circuits placer sous un interrupteur différentiel ?
Dans une installation résidentielle neuve ou totalement rénovée soumise aux règles françaises applicables depuis le 1er septembre 2025, tous les circuits terminaux doivent être couverts par des dispositifs différentiels à haute sensibilité. Le tableau doit comporter au moins deux protections 30 mA et un même interrupteur différentiel ne peut desservir que huit circuits au maximum.
Les circuits d’éclairage et de prises doivent être répartis sous au moins deux dispositifs différentiels. Cette séparation évite qu’un seul déclenchement prive simultanément le logement de tous ses éclairages ou de toutes ses prises. Ajouter des interrupteurs différentiels peut donc répondre à la fois à la limite de huit circuits et à un besoin de continuité de fonctionnement.
Ces prescriptions applicables aux installations neuves ou totalement rénovées ne signifient pas qu’un logement ancien doit automatiquement faire l’objet d’une remise à niveau intégrale. Pour une installation existante, l’état du tableau, son niveau de sécurité et l’ampleur des travaux doivent être examinés avant de déterminer les modifications nécessaires.
Ne pas confondre interrupteur et disjoncteur différentiel
L’interrupteur différentiel surveille les fuites de courant, puis coupe l’ensemble des circuits placés sous sa protection. Chaque circuit conserve son propre disjoncteur pour les surcharges et les courts-circuits. Cette distinction est essentielle pour distinguer disjoncteur et interrupteur différentiel et comprendre pourquoi les deux appareils sont associés dans un tableau.
Le disjoncteur différentiel combine quant à lui la détection des fuites et la protection contre les surintensités. Il ne faut donc pas déduire de la seule présence d’un bouton « Test » qu’un appareil assure également la protection contre les courts-circuits.
Vérifier périodiquement le fonctionnement
Le bouton « Test » doit être actionné périodiquement, selon les prescriptions applicables ou, à défaut, à la fréquence indiquée par le fabricant. Il sert à contrôler le mécanisme de déclenchement. Si la manette ne bascule pas pendant l’essai, l’interrupteur différentiel est considéré comme défectueux et doit être remplacé.
Ce test ne permet pas, à lui seul, de vérifier la qualité de la mise à la terre, le dimensionnement du calibre ou la bonne répartition des circuits. La pose, le remplacement ou la modification des protections du tableau doivent être confiés à un professionnel qualifié.







