Un tableau électrique résidentiel comprend un coffret organisé en rangées, des borniers et des peignes de distribution, des interrupteurs différentiels et des disjoncteurs divisionnaires. Il peut aussi recevoir un parafoudre ainsi que des modules de commande ou de gestion. Sa composition exacte dépend du nombre et de la nature des circuits du logement, ainsi que des équipements à alimenter.
Le compteur ne fait pas partie du tableau de répartition. L’installation distingue le panneau de contrôle, qui réunit le compteur et le disjoncteur de branchement, le tableau de répartition, qui protège les circuits, et le coffret de communication. Ces trois ensembles ont des fonctions différentes.
Les principaux composants du tableau électrique
Chaque famille de composants remplit une fonction précise, depuis le support mécanique jusqu’à la protection des personnes et des circuits:
| Composant | Rôle | Présence |
|---|---|---|
| Coffret et rangées | Accueillent et organisent les modules du tableau | Structure du tableau |
| Borniers | Assurent les raccordements de la phase, du neutre et de la terre | Structure du tableau |
| Peignes | Distribuent l’alimentation entre les modules | Structure du tableau |
| Interrupteurs différentiels | Protègent les personnes en détectant les fuites de courant | Protection requise |
| Disjoncteurs divisionnaires | Protègent chaque circuit contre les surcharges et les courts-circuits | Protection requise |
| Parafoudre | Protège l’installation contre certaines surtensions liées à la foudre | Obligatoire ou recommandé selon la configuration |
| Modules de commande et de gestion | Ajoutent des fonctions adaptées aux usages du logement | Selon les besoins |
Interrupteur différentiel et disjoncteur: deux protections complémentaires
La différence entre disjoncteur et interrupteur différentiel tient d’abord à ce qu’ils protègent. L’interrupteur différentiel coupe l’alimentation lorsqu’il détecte une fuite de courant susceptible de mettre une personne en danger. Le disjoncteur divisionnaire intervient pour protéger un circuit déterminé contre une surcharge ou un court-circuit.
Dans un tableau résidentiel, tous les circuits doivent être placés sous une protection différentielle d’une sensibilité maximale de 30 mA. Le tableau comporte au minimum deux interrupteurs différentiels, dont un de type A et un de type AC. Un même interrupteur différentiel peut desservir au maximum huit circuits. Les circuits d’éclairage et de prises doivent en outre être répartis sous au moins deux différentiels, afin qu’un déclenchement ne prive pas l’ensemble du logement de ces usages.
Le choix entre les types A et AC
Le type A est notamment destiné aux circuits alimentant les plaques de cuisson et le lave-linge. Une installation de recharge pour véhicule nécessite une protection dédiée adaptée au mode de charge. Le type AC couvre les usages courants compatibles. Le choix d’un interrupteur différentiel de type A ou AC dépend donc des circuits placés en aval, et non de la seule place disponible dans le coffret.
Le calibre de l’interrupteur différentiel doit également respecter la règle de l’amont ou être déterminé par le calcul de l’aval. Compter les disjoncteurs raccordés ne suffit pas pour le dimensionner correctement.
Un disjoncteur pour chaque circuit
Chaque circuit terminal possède son propre disjoncteur divisionnaire: éclairage, prises, cuisson, lave-linge ou autre équipement dédié. Son calibre dépend à la fois de la nature du circuit et de la section des conducteurs. Une composition type ne permet donc pas de choisir tous les calibres sans étudier l’installation concernée.
L’ordre fonctionnel des éléments
La chaîne générale se lit ainsi: panneau de contrôle, tableau de répartition, circuits du logement. Dans le tableau, les peignes distribuent l’alimentation entre les modules concernés, tandis que les borniers regroupent les raccordements de phase, de neutre et de terre.
Les interrupteurs différentiels sont placés en tête des groupes de circuits qu’ils protègent. En aval, les disjoncteurs divisionnaires assurent la protection individuelle de chaque départ. Cette organisation explique pourquoi un déclenchement différentiel peut interrompre plusieurs circuits, alors que le déclenchement d’un disjoncteur ne concerne que le circuit qui lui est associé.
Parafoudre et modules de commande: des équipements conditionnels
Le parafoudre ne doit pas être classé comme un simple accessoire facultatif. Sa présence peut être obligatoire ou seulement recommandée selon l’exposition à la foudre, le mode d’alimentation du bâtiment et la présence éventuelle d’un paratonnerre. La configuration du logement doit donc être examinée avant de décider de l’intégrer ou non.
Le tableau peut également accueillir un contacteur, un télérupteur, un délesteur ou un programmateur. Ces appareils assurent des fonctions de commande ou de gestion, mais ne sont pas systématiquement requis. Leur présence dépend des usages prévus et ne remplace jamais les protections différentielles et divisionnaires.
Nombre de rangées, réserve et repérage
Le nombre de rangées n’est pas identique dans tous les logements. Il dépend du nombre de circuits, des protections nécessaires et des modules complémentaires. Le coffret doit aussi conserver une capacité disponible pour permettre une évolution ultérieure de l’installation.
Une réserve de 20 % des emplacements doit être prévue. Pour un logement situé dans un immeuble collectif, la réserve indiquée est d’au moins six modules. Cette marge doit être prise en compte dès le choix du coffret, car l’ajout futur d’un circuit ou d’un appareil de gestion peut nécessiter plusieurs emplacements.
Les circuits doivent enfin être repérés de manière lisible, durable et compréhensible. Une identification précise permet de savoir immédiatement quel disjoncteur commande chaque circuit et quels départs dépendent d’un même interrupteur différentiel.
Une composition à adapter aux travaux réalisés
Pour les projets neufs et les parties d’installation modifiées en 2026, la série NF C 15-100 publiée en août 2024 et devenue la référence à partir de septembre 2025 encadre la composition et la répartition des protections. L’application des règles doit toutefois être appréciée selon la date et l’étendue des travaux: la modification d’une partie de l’installation ne signifie pas automatiquement qu’un ancien tableau doit être entièrement reconstruit.







