Dans un tableau électrique domestique français, le choix dépend du courant susceptible de traverser l’interrupteur différentiel. Avec la règle de l’amont, son calibre doit être au moins égal à celui du disjoncteur d’abonné, auquel s’ajoute le courant maximal d’un éventuel générateur raccordé en amont. Un disjoncteur d’abonné de 45 A conduit ainsi à choisir un interrupteur différentiel de 63 A.
La règle de l’aval permet aussi de dimensionner chaque rangée à partir des disjoncteurs qu’elle alimente. Un modèle de 40 A convient si le résultat du calcul ne dépasse pas 40 A. Au-delà, il faut passer à 63 A, à condition que le résultat reste dans cette capacité. La présence d’une plaque de cuisson ne suffit donc pas, à elle seule, à imposer un 63 A.
Ce que signifient réellement 40 A et 63 A
Les valeurs 40 A et 63 A correspondent au courant assigné que l’interrupteur différentiel peut supporter. Elles ne désignent pas sa sensibilité aux fuites de courant, généralement fixée à 30 mA dans un logement.
Un interrupteur différentiel ne protège pas non plus les circuits contre les surcharges et les courts-circuits. Cette fonction revient aux disjoncteurs placés en aval. Choisir 63 A plutôt que 40 A ne signifie donc pas que les personnes sont mieux protégées : le calibre doit simplement être adapté au courant susceptible de traverser l’appareil.
Choisir avec la règle de l’amont
La méthode la plus directe consiste à comparer le courant assigné de l’interrupteur différentiel à celui du disjoncteur d’abonné. Le calibre du différentiel doit être au moins égal à ce dernier. Si le disjoncteur d’abonné est calibré à 45 A, un différentiel de 40 A est insuffisant avec cette méthode ; le calibre disponible immédiatement supérieur est 63 A.
Un générateur raccordé en amont du différentiel modifie ce calcul. Son courant maximal doit être ajouté à celui du disjoncteur d’abonné. Cette condition concerne notamment une installation comportant une production photovoltaïque raccordée selon cette configuration. Il ne faut donc pas dimensionner le différentiel à partir du seul disjoncteur d’abonné lorsqu’une autre alimentation peut lui fournir du courant.
Calculer le calibre avec la règle de l’aval
La règle de l’aval tient compte des circuits effectivement placés sous l’interrupteur différentiel. Le courant minimal requis correspond à 100 % des calibres des disjoncteurs du chauffage électrique, du chauffe-eau et de la prise de recharge d’un véhicule électrique, auxquels s’ajoutent 50 % des calibres de tous les autres circuits.
Le résultat est ensuite arrondi au calibre normalisé égal ou immédiatement supérieur. S’il atteint 40 A au maximum, un interrupteur différentiel 40 A convient. S’il dépasse 40 A sans dépasser 63 A, il faut choisir un 63 A.
Exemple aboutissant à un différentiel 40 A
Une rangée comprend un circuit de convecteurs protégé par un disjoncteur de 20 A, un circuit de prises en 16 A et un circuit d’éclairage en 10 A. Le chauffage est compté intégralement, tandis que les prises et l’éclairage sont comptés pour moitié.
20 + (16 × 0,5) + (10 × 0,5) = 33 A. Le résultat restant inférieur à 40 A, un interrupteur différentiel 40 A convient selon la règle de l’aval.
Exemple nécessitant un différentiel 63 A
Une autre rangée alimente un chauffe-eau protégé en 20 A, des plaques en 32 A, un lave-linge en 20 A et un four en 20 A. Le chauffe-eau est retenu à 100 %, tandis que les trois autres circuits sont comptés à 50 %.
20 + 0,5 × (32 + 20 + 20) = 56 A. Un modèle 40 A ne suffit pas ; il faut retenir un interrupteur différentiel 63 A. Cet exemple illustre le calcul, mais ne constitue pas une composition de rangée obligatoire.
Une plaque de cuisson impose-t-elle un 63 A ?
Non. Le calibre du disjoncteur des plaques participe au calcul, mais il ne détermine pas seul celui de l’interrupteur différentiel. Dans la règle de l’aval, ce circuit est compté à 50 %, comme les autres circuits qui ne relèvent pas du chauffage électrique, du chauffe-eau ou de la recharge d’un véhicule électrique.
Le résultat dépend donc de l’ensemble de la rangée. Une plaque peut être placée sous un différentiel 40 A si le calcul total reste inférieur ou égal à 40 A. À l’inverse, plusieurs circuits cumulés peuvent nécessiter 63 A même sans plaque de cuisson.
Le calibre, la sensibilité et le type sont trois choix distincts
Après avoir choisi entre 40 A et 63 A, il faut encore vérifier la sensibilité différentielle et le type de l’appareil. Les types AC, A, F ou B répondent à des équipements et à des usages différents. Un différentiel 63 A d’un type inadapté ne remplace pas un 40 A du type requis.
Le nombre de circuits constitue une autre limite indépendante : un même interrupteur différentiel peut protéger huit circuits au maximum, qu’il soit calibré à 40 A ou à 63 A. Un calibre supérieur n’autorise donc pas à ajouter davantage de circuits sur la rangée.
Ces critères font partie des règles de la norme NF C 15-100 applicables en France. Depuis septembre 2025, la série publiée en août 2024 sert de référence pour les installations neuves, les extensions ou modifications, ainsi que les parties existantes affectées par ces travaux. La méthode de l’aval reste inchangée, tandis que la règle de l’amont prend explicitement en compte le courant fourni par un éventuel générateur.







