Le disjoncteur divisionnaire protège un circuit électrique déterminé contre les surcharges et les courts-circuits. Lorsqu’il détecte une surintensité, il coupe ce circuit afin d’éviter l’échauffement des conducteurs et la dégradation de leurs isolants, sans interrompre nécessairement toute l’installation.
Son calibre ne se choisit pas uniquement en fonction de la puissance des appareils. Il doit rester compatible avec la nature du circuit et la section des conducteurs. Augmenter le calibre pour empêcher des déclenchements peut laisser des fils insuffisamment protégés.
Quelle place occupe-t-il dans le tableau électrique ?
Dans un tableau résidentiel, un disjoncteur divisionnaire est placé au départ de chaque circuit, en aval d’un interrupteur différentiel. Il peut ainsi protéger séparément un circuit d’éclairage, un groupe de prises ou un appareil alimenté par un circuit dédié.
Il ne remplit pas la même fonction que les autres dispositifs du tableau. Le disjoncteur divisionnaire réagit aux surintensités du circuit. L’interrupteur différentiel 30 mA détecte les courants de fuite et participe à la protection des personnes. Ces fonctions sont complémentaires, ce qui rend importante la différence entre disjoncteur et interrupteur différentiel.
Le terme « divisionnaire » souligne également que la coupure reste limitée au circuit concerné, contrairement à une coupure générale qui prive l’ensemble de l’installation d’alimentation.
Comment choisir le calibre d’un disjoncteur divisionnaire ?
Le calibre, exprimé en ampères, représente une limite de protection. Ce n’est pas une réserve de puissance que l’on peut augmenter librement. Le choix doit partir du circuit à alimenter, puis être confronté à la section des fils et aux prescriptions applicables à cet usage.
La démarche de dimensionnement repose sur les contrôles suivants :
- Identifier la nature du circuit, par exemple éclairage, prises de courant ou plaques de cuisson.
- Vérifier la section des conducteurs, car elle fixe le calibre maximal admissible dans la configuration concernée.
- Respecter les limites propres au circuit, notamment le nombre de socles pour les circuits de prises ou l’obligation d’un circuit dédié.
- Contrôler les caractéristiques du matériel alimenté lorsqu’il s’agit d’un équipement spécialisé, sans dépasser les limites permises par les conducteurs.
Pour les usages résidentiels ordinaires, la courbe C est couramment adaptée. La courbe de déclenchement constitue toutefois un critère différent du calibre. Le pouvoir de coupure est lui aussi une caractéristique distincte, à vérifier selon l’installation concernée.
Correspondances courantes entre circuit, section et calibre
Les configurations résidentielles suivantes donnent des repères utiles, à considérer comme des plafonds ou des associations prescrites et non comme une invitation à retenir systématiquement le calibre le plus élevé :
| Type de circuit | Section des conducteurs | Calibre | Condition principale |
|---|---|---|---|
| Éclairage | 1,5 mm² | 16 A maximum | Circuit d’éclairage |
| Prises de courant | 1,5 mm² | 16 A maximum | 8 socles maximum |
| Prises de courant | 2,5 mm² | 20 A maximum | 12 socles maximum |
| Plaques de cuisson monophasées | 6 mm² | 32 A | Circuit dédié |
Pour les prises, la section des conducteurs, le calibre et le nombre de prises autorisées par disjoncteur forment donc un ensemble indissociable. Un disjoncteur de 20 A ne convient pas à un circuit câblé en 1,5 mm² simplement parce que les appareils branchés consomment davantage.
Que faire lorsque le disjoncteur déclenche ?
Un déclenchement signale une surcharge ou un défaut tel qu’un court-circuit. Le réarmement ne doit intervenir qu’après suppression de la cause. S’il se produit de nouveau ou si la manette refuse de rester enclenchée, il ne faut pas insister, car le défaut peut toujours être présent.
La conduite à tenir doit rester progressive :
- Rechercher la surcharge ou le défaut sur le circuit concerné.
- Supprimer la cause avant de tenter un réarmement.
- Si le disjoncteur déclenche encore ou ne tient pas enclenché, laisser le circuit coupé et faire contrôler l’installation par une personne compétente.
Un déclenchement répété ne se corrige pas en remplaçant automatiquement le disjoncteur par un calibre supérieur. Il faut d’abord identifier la cause du disjoncteur qui saute, puis vérifier le circuit, les conducteurs et les appareils raccordés.
Intervenir dans le tableau en sécurité
Toute modification à l’intérieur du tableau doit être réalisée hors tension, après séparation de l’alimentation et vérification de l’absence de tension. Une simple hésitation sur la section des fils, le calibre ou l’origine d’un défaut justifie de confier l’opération à une personne compétente face au risque électrique.







