Combien de prises par disjoncteur ?

Table des matières
Illustration de Combien de prises par disjoncteur ?

Un circuit de prises ordinaires peut alimenter au maximum 8 prises avec des conducteurs en cuivre de 1,5 mm² et un disjoncteur de 16 A, ou 12 prises avec des conducteurs de 2,5 mm² et un disjoncteur de 20 A au maximum.

Cette réponse change pour les prises non spécialisées de la cuisine, limitées à 6 sur leur circuit dédié, et pour les appareils puissants qui nécessitent chacun un circuit spécialisé. Avant d’ajouter une prise, il faut donc vérifier le type de circuit, la section réelle des conducteurs et le nombre de prises déjà raccordées. Le calibre affiché sur le disjoncteur ne suffit pas à lui seul.

Les limites pour un circuit de prises ordinaires

Avec des conducteurs de 1,5 mm², la protection maximale est de 16 A et le circuit ne doit pas dépasser 8 prises. Avec des conducteurs de 2,5 mm², la protection peut atteindre 20 A et le plafond passe à 12 prises.

La section des fils et le calibre du disjoncteur forment un ensemble. Remplacer simplement un disjoncteur de 16 A par un modèle de 20 A ne permet pas d’augmenter la capacité d’un circuit câblé en 1,5 mm². La protection doit rester adaptée aux conducteurs présents.

Comment compter les prises raccordées ?

Le décompte s’effectue prise par prise. Une prise murale double compte pour deux prises, et non pour une seule. De la même façon, un bloc mural triple consomme trois unités dans le plafond autorisé.

Par exemple, un circuit en 1,5 mm² comportant trois prises doubles et deux prises simples atteint déjà son maximum de 8. Il n’est donc pas possible d’y ajouter une prise supplémentaire sans modifier la répartition ou créer un autre circuit.

Pourquoi la cuisine est-elle un cas distinct ?

Les prises non spécialisées de la cuisine doivent être regroupées sur un circuit dédié en 2,5 mm², protégé par un disjoncteur de 20 A au maximum. Ce circuit est limité à 6 prises. Le plafond général de 12 prises applicable à un circuit ordinaire en 2,5 mm² ne doit donc pas être repris pour la cuisine.

Cette limite concerne les prises destinées aux usages courants. Elle ne permet pas de raccorder sur le même circuit tous les gros appareils électroménagers.

Quels appareils nécessitent leur propre disjoncteur ?

Les plaques de cuisson en monophasé nécessitent un circuit dédié en conducteurs de 6 mm², protégé par un disjoncteur de 32 A.

Le four indépendant, le lave-linge, le lave-vaisselle et le sèche-linge doivent chacun disposer d’un circuit spécialisé distinct en 2,5 mm², sous un disjoncteur de 20 A. La règle est alors d’un appareil par circuit, et non d’un nombre maximal de prises ordinaires à répartir.

Peut-on ajouter une prise sur un circuit existant ?

Un ajout est envisageable seulement si le circuit reste dans sa limite et si ses caractéristiques sont clairement identifiées. La vérification doit porter sur la section des conducteurs, le calibre de la protection, la nature du circuit et le décompte individuel des prises existantes.

  1. Identifier le disjoncteur qui protège le circuit concerné.
  2. Vérifier la section réelle des conducteurs, sans la déduire uniquement du calibre inscrit sur le disjoncteur.
  3. Déterminer s’il s’agit d’un circuit ordinaire, du circuit de prises de la cuisine ou d’un circuit spécialisé.
  4. Compter chaque prise individuellement, y compris celles intégrées aux socles doubles ou triples.
  5. S’assurer que l’ajout ne dépasse pas 8 prises en 1,5 mm², 12 prises en 2,5 mm² ou 6 prises sur le circuit dédié de la cuisine.

Si l’installation n’est pas identifiable, a été modifiée à plusieurs reprises, présente un échauffement ou provoque des déclenchements, aucun ajout ne doit être décidé sur la seule base du nombre de prises. Un contrôle par un électricien est alors nécessaire.

Le nombre maximal ne garantit pas la puissance disponible

Respecter le plafond de 8, 12 ou 6 prises ne signifie pas que tous les appareils branchés peuvent fonctionner simultanément. Le disjoncteur protège la ligne contre les surcharges et les courts-circuits. Une accumulation d’appareils consommateurs peut donc provoquer son déclenchement même lorsque le nombre de prises autorisé n’est pas dépassé.

La multiplication des prises ne constitue pas non plus une solution adaptée lorsqu’un appareil exige un circuit spécialisé. Le type et la puissance des équipements prévus comptent autant que le nombre de socles.

Ces règles s’appliquent-elles à une installation ancienne ?

La série d’août 2024 de la norme NF C 15-100 constitue depuis septembre 2025 la référence technique pour les installations neuves, les extensions, les modifications et les parties existantes concernées par ces travaux. Sa publication n’impose pas, à elle seule, la réfection complète d’une installation ancienne qui n’est pas modifiée.

Le simple remplacement d’une prise ne signifie donc pas automatiquement que tout le logement doit être repris. En revanche, la partie ajoutée ou modifiée doit être examinée selon la nature réelle des travaux, sans prolonger à l’aveugle un circuit ancien dont la section, la protection ou le cheminement restent incertains.

À découvrir également

Disjoncteur divisionnaire : rôle et choix du calibre

Disjoncteur divisionnaire : rôle et choix du calibre

Le disjoncteur divisionnaire protège un circuit électrique déterminé contre les surcharges et les courts-circuits. Lorsqu’il détecte une surintensité, il coupe ce circuit afin d’éviter l’échauffement des conducteurs et la dégradation de leurs isolants, sans interrompre nécessairement toute l’installation. Son calibre ne se choisit pas uniquement en fonction de la puissance

Lire la suite »
Illustration de Interrupteur différentiel 30 mA : rôle et choix

Interrupteur différentiel 30 mA : rôle et choix

Un interrupteur différentiel 30 mA protège les personnes en coupant l’alimentation des circuits associés lorsqu’il détecte un déséquilibre entre le courant entrant et le courant sortant, signe d’une fuite électrique. Pour le choisir, trois indications doivent être examinées séparément : la sensibilité de 30 mA, le calibre de 40 A

Lire la suite »
Illustration de Disjoncteur différentiel : rôle, choix et différences

Disjoncteur différentiel : rôle, choix et différences

Un disjoncteur différentiel protège à la fois les personnes contre les fuites de courant et le circuit contre les surcharges et les courts-circuits. Il réunit donc, dans un seul appareil, une fonction différentielle et une protection magnétothermique. Son choix dépend de quatre paramètres distincts : la sensibilité différentielle, le calibre

Lire la suite »
Illustration de Disjoncteur général : rôle et emplacement dans le logement

Disjoncteur général : rôle et emplacement dans le logement

Le disjoncteur général est l’appareil qui permet de couper toute l’installation électrique d’un logement, manuellement ou automatiquement. Également appelé disjoncteur de branchement, disjoncteur d’abonné ou appareil général de commande et de protection, il protège notamment l’installation intérieure en cas de surcharge ou de court-circuit. Il se situe en tête de

Lire la suite »
Illustration de Schéma de tableau électrique : repères pour le lire

Schéma de tableau électrique : repères pour le lire

Un schéma de tableau électrique résidentiel se lit de l’amont vers l’aval : arrivée électrique, dispositif de coupure, protections différentielles, disjoncteurs, puis circuits alimentés. Dans un schéma unifilaire, chaque départ est représenté par une ligne fonctionnelle afin de rendre cet enchaînement lisible. Ce document permet de comprendre l’organisation des protections,

Lire la suite »
Illustration de Câbler un tableau électrique : méthode et règles

Câbler un tableau électrique : méthode et règles

Le câblage d’un tableau électrique domestique suit une chaîne précise : alimentation en amont, interrupteurs différentiels 30 mA, disjoncteurs divisionnaires, puis circuits du logement. Les conducteurs de protection sont raccordés au bornier de terre. La composition du tableau dépend toutefois du nombre et de la nature des circuits, de leur

Lire la suite »