Un disjoncteur différentiel protège à la fois les personnes contre les fuites de courant et le circuit contre les surcharges et les courts-circuits. Il réunit donc, dans un seul appareil, une fonction différentielle et une protection magnétothermique.
Son choix dépend de quatre paramètres distincts : la sensibilité différentielle, le calibre en ampères, le type de différentiel et les caractéristiques du circuit, notamment son alimentation en monophasé ou en triphasé. Dans un logement, une sensibilité maximale de 30 mA est requise pour protéger les circuits terminaux, mais cela ne signifie pas qu’un disjoncteur différentiel individuel doit être installé sur chacun d’eux.
Quel est le rôle d’un disjoncteur différentiel ?
La partie différentielle compare le courant entrant avec le courant sortant. Un déséquilibre révèle qu’une partie du courant s’échappe du circuit, notamment à cause d’un défaut d’isolement. Lorsque cette fuite atteint le seuil de sensibilité de l’appareil, celui-ci coupe l’alimentation afin de protéger les personnes.
La partie magnétothermique intervient dans deux autres situations. Elle coupe en cas de surcharge, lorsque le courant dépasse durablement ce que le circuit peut supporter, ou en cas de court-circuit, lorsque l’intensité augmente brutalement. Le disjoncteur différentiel protège donc simultanément les personnes, les conducteurs et le circuit alimenté.
Disjoncteur, interrupteur différentiel et disjoncteur différentiel
Ces trois appareils ne couvrent pas les mêmes risques, même si leur apparence et certains marquages peuvent être proches :
| Appareil | Fuites de courant | Surcharges et courts-circuits | Usage dans le tableau |
|---|---|---|---|
| Disjoncteur classique | Non | Oui | Protège un circuit contre les surintensités |
| Interrupteur différentiel | Oui | Non | Protège plusieurs circuits lorsqu’il est associé à des disjoncteurs divisionnaires |
| Disjoncteur différentiel | Oui | Oui | Réunit les deux protections pour un circuit ou un départ déterminé |
Le marquage « 30 mA » ne suffit donc pas à identifier un disjoncteur différentiel. Cette valeur indique la sensibilité aux fuites de courant, mais elle ne prouve pas que l’appareil protège aussi contre les surintensités. C’est cette seconde fonction qui permet d’établir la différence entre disjoncteur et interrupteur différentiel.
Comment choisir un disjoncteur différentiel ?
Le choix doit suivre une logique précise, car la sensibilité, le calibre et le type ne décrivent pas la même caractéristique :
- Déterminer la sensibilité différentielle. Exprimée en milliampères, elle correspond au seuil de détection des fuites. Dans un logement en France, les circuits terminaux doivent être protégés par des dispositifs différentiels d’une sensibilité au plus égale à 30 mA.
- Dimensionner le calibre. Exprimé en ampères, il correspond au courant du circuit et à sa protection contre les surintensités. Il ne peut pas être choisi à partir de la seule puissance d’un appareil sans tenir compte des conducteurs, du réseau et de la protection située en amont.
- Choisir le type de différentiel. Le type dépend des formes de courant résiduel susceptibles d’être produites par les équipements alimentés.
- Vérifier l’architecture électrique. L’appareil doit être compatible avec une installation monophasée ou triphasée et avec la place qu’il occupe dans la chaîne de protection.
30 mA et calibre en ampères : deux valeurs différentes
La valeur de 30 mA concerne la détection des fuites de courant et la protection des personnes. Un calibre exprimé en ampères concerne le courant supporté et protégé par le disjoncteur. Augmenter le calibre ne rend donc pas la protection différentielle plus efficace. À l’inverse, choisir une sensibilité de 30 mA ne suffit pas à garantir que le circuit est correctement protégé contre les surcharges.
Il n’existe pas de calibre unique adapté à tous les usages. Le dimensionnement dépend notamment du circuit concerné, de ses conducteurs, des équipements alimentés et de la protection amont. Un calibre précis ne doit donc pas être retenu sans ces informations.
Type AC ou type A ?
Le type AC détecte les courants résiduels alternatifs. Il convient généralement aux circuits d’éclairage et aux prises ordinaires. Le type A détecte également les courants résiduels continus pulsés, susceptibles d’être générés par certains équipements électroniques.
Les plaques de cuisson, les lave-linge et certains équipements de recharge font partie des usages couramment associés au type A. Les types F et B répondent à des formes de courant ou à des équipements plus spécifiques et ne doivent pas être choisis indistinctement. Le matériel réellement alimenté reste donc déterminant pour choisir entre un différentiel de type A ou AC.
Faut-il installer un disjoncteur différentiel sur chaque circuit ?
Non. L’exigence applicable aux logements porte sur la présence d’une protection différentielle à haute sensibilité pour tous les circuits terminaux, avec une sensibilité maximale de 30 mA. Elle n’impose pas que cette fonction soit assurée par un disjoncteur différentiel individuel pour chaque circuit.
Deux architectures peuvent donc répondre à des besoins différents. Un interrupteur différentiel peut protéger plusieurs circuits, chacun disposant de son propre disjoncteur divisionnaire contre les surintensités. Cette organisation est courante et généralement plus économique. Un disjoncteur différentiel devient pertinent lorsqu’un même appareil doit assurer les deux protections pour un départ déterminé.
Dans quels cas l’appareil combiné est-il pertinent ?
Le disjoncteur différentiel peut notamment être retenu au départ d’un tableau divisionnaire ou pour isoler un circuit spécialisé. Il permet alors de couper uniquement le départ concerné en cas de fuite de courant, de surcharge ou de court-circuit, sans faire dépendre sa protection contre les surintensités d’un second appareil placé au même endroit.
Ce gain d’autonomie doit être mis en balance avec le coût et l’organisation du tableau. Pour plusieurs circuits domestiques courants, un interrupteur différentiel associé à des disjoncteurs divisionnaires peut rester plus économique. Pour un circuit qui doit bénéficier d’une protection combinée et individualisée, le disjoncteur différentiel offre une architecture plus directe.
Quelle règle appliquer à une installation existante ?
La série NF C 15-100 publiée en août 2024 est la version applicable depuis le 1er septembre 2025. Elle concerne notamment les installations neuves, les rénovations totales ainsi que les parties modifiées ou étendues d’une installation. Elle ne signifie pas que toute installation existante doit être intégralement refaite en l’absence de travaux portant sur l’ensemble du réseau.
Lors d’une extension ou d’une modification, les exigences de la norme NF C 15-100 doivent être examinées pour la partie concernée. Le choix final de la protection suppose alors de connaître le circuit, les conducteurs, les équipements raccordés, le réseau et les protections déjà présentes, plutôt que de se fonder uniquement sur la mention « 30 mA ».







