Le tableau électrique reçoit l’alimentation du réseau et, le cas échéant, celle de sources locales, puis distribue l’électricité aux différents circuits de la maison. Il centralise les protections et les organes de commande. Pour bien le choisir, il faut partir du nombre réel de circuits et des équipements prévus, et non appliquer une correspondance automatique entre la surface du logement et le nombre de rangées.
Les exigences dépendent aussi de la nature du projet. Une installation neuve doit respecter le référentiel applicable au chantier et faire l’objet d’une attestation de conformité lorsqu’elle est définitive et située dans une construction nouvelle. Lors d’une modification ou d’une extension, les règles concernent les parties affectées. Dans l’existant, remplacer uniquement le tableau ne suffit pas à rendre conformes les câbles, la mise à la terre et les circuits conservés.
À quoi sert un tableau électrique dans une maison ?
Le tableau de répartition permet d’alimenter séparément l’éclairage, les prises, la cuisson, l’électroménager, le chauffage ou encore la recharge d’un véhicule. Cette séparation facilite l’application d’une protection adaptée à chaque circuit et permet de couper une partie de l’installation sans nécessairement interrompre toute l’alimentation.
La composition exacte varie selon la maison, mais un tableau peut réunir les éléments suivants :
- des dispositifs différentiels résiduels, qui couvrent les circuits terminaux selon les règles de protection applicables ;
- des disjoncteurs divisionnaires, associés aux différents circuits de l’installation ;
- des organes de répartition, nécessaires pour distribuer l’alimentation entre les rangées et les protections ;
- des équipements de commande ou de gestion, tels que des contacteurs, télérupteurs ou gestionnaires, lorsque le projet le nécessite ;
- un parafoudre, uniquement lorsque les caractéristiques du bâtiment, de son alimentation et de son exposition l’imposent.
Comment dimensionner le tableau électrique ?
Le bon dimensionnement consiste à recenser les besoins, organiser les protections puis choisir un coffret conservant une capacité suffisante pour les évolutions futures :
- Recenser tous les circuits. Il faut inclure les circuits courants, mais aussi la plaque de cuisson, le lave-linge, le chauffage, les équipements extérieurs et les autres usages prévus.
- Intégrer les projets futurs. Une recharge automobile, une production locale d’électricité ou une extension de la maison peut modifier sensiblement le nombre de modules nécessaires.
- Répartir les circuits sous les différentiels. Une installation de logement comprend au minimum deux dispositifs différentiels résiduels, avec un maximum de huit circuits sous un même dispositif.
- Compter tous les modules. Le calcul doit inclure les protections, mais aussi les contacteurs, télérupteurs, gestionnaires et autres équipements retenus.
- Préserver une réserve. Dans une maison individuelle, chaque tableau doit conserver une réserve modulaire de 20 % pour les évolutions ultérieures.
Le nombre de rangées résulte donc du nombre de modules nécessaires et de cette réserve. Deux maisons de même surface peuvent avoir des tableaux très différents si l’une possède un chauffage électrique, une borne de recharge ou davantage de circuits spécialisés.
Quelles protections différentielles prévoir ?
Tous les circuits terminaux sont protégés, sauf exceptions techniques prévues, par un dispositif différentiel résiduel d’une sensibilité maximale de 30 mA. Le minimum de deux dispositifs et la limite de huit circuits par dispositif évitent de concentrer l’ensemble de l’installation sous une seule protection.
Le type de différentiel dépend des appareils alimentés. La plaque de cuisson, le lave-linge et une infrastructure de recharge de véhicule électrique doivent relever d’un dispositif de type A. Les autres circuits peuvent relever d’un type A ou AC. Choisir un différentiel de type A ou AC suppose donc d’examiner les usages placés en aval, et pas seulement la place disponible dans le coffret.
Le courant assigné du dispositif différentiel doit également être dimensionné selon la règle de l’amont ou celle de l’aval. Il ne faut pas sélectionner cette valeur uniquement par habitude ou en fonction du nombre de rangées.
Le parafoudre est-il toujours obligatoire ?
Le parafoudre n’est pas systématiquement imposé dans toutes les maisons. Sa nécessité dépend notamment de la présence d’un paratonnerre, du caractère aérien ou souterrain de l’alimentation, de l’exposition à la foudre et des conséquences qu’aurait l’indisponibilité des équipements protégés.
Son emplacement doit néanmoins être anticipé lors du dimensionnement lorsqu’une analyse du projet indique qu’il est requis. Cela évite de choisir un coffret sans réserve suffisante pour l’intégrer.
Quelle version des règles appliquer en 2026 ?
Depuis septembre 2025, la série NF C 15-100 publiée en août 2024 constitue la référence pour les installations neuves, les modifications, les extensions et les parties affectées d’une installation existante. Pour un chantier dont la date de référence, comme le permis, la déclaration préalable, le marché ou la commande, est postérieure au 31 août 2025, cette série doit être déclarée comme référentiel.
Une nuance subsiste toutefois au 14 septembre 2026 : la série publiée en 2024 n’est pas encore citée par la réglementation. La version de 2002 et ses amendements conservent parallèlement leur statut réglementaire lié à l’arrêté du 3 août 2016. La date de référence du chantier est donc déterminante pour appliquer correctement les exigences de la norme NF C 15-100.
Remplacement du tableau et rénovation de l’existant
Dans un projet visant à rénover une installation électrique existante, un tableau neuf améliore l’organisation des protections, mais ne permet pas à lui seul de conclure à la conformité de toute l’installation. L’état de la terre, les sections des conducteurs, les protections des circuits et les équipements conservés doivent aussi être examinés.
Lorsqu’un circuit est ajouté ou modifié, la partie concernée entre dans le périmètre des règles applicables à cette intervention. Il faut donc dimensionner le tableau en tenant compte à la fois des circuits existants réellement conservés et des nouveaux circuits, sans traiter l’opération comme le simple remplacement d’un coffret.
Repérage et documents à conserver
Chaque circuit doit porter un repérage durable indiquant sa fonction et les locaux qu’il dessert. Des mentions comme « prises chambres » ou « éclairage rez-de-chaussée » sont plus utiles qu’une numérotation dépourvue de correspondance accessible.
Un schéma, un diagramme ou un tableau descriptif doit également être remis à l’utilisateur. Il précise notamment les protections, les sections de conducteurs, les usages et les pièces desservies. Ce document facilite l’identification d’un circuit lors d’une coupure, d’une maintenance ou d’une future extension.







