Dans un tableau électrique domestique monophasé, un disjoncteur divisionnaire se place sur une rangée alimentée par un interrupteur différentiel adapté. L’alimentation provenant du différentiel rejoint le disjoncteur, généralement au moyen d’un peigne compatible. La phase et le neutre du nouveau circuit sont raccordés aux bornes correspondantes du disjoncteur, tandis que le conducteur vert-jaune rejoint directement le bornier de terre.
Ce principe ne permet pas de déduire que l’alimentation se raccorde toujours en haut et le départ en bas. Le sens de raccordement, la position de la phase et du neutre, la longueur de dénudage et le couple de serrage dépendent de l’appareil installé. Il faut suivre son marquage et sa notice. Si ces informations ne sont pas disponibles ou si le tableau n’est pas clairement identifiable, l’intervention doit être confiée à un électricien.
Vérifier que l’ajout du disjoncteur est possible
Cette opération concerne uniquement l’ajout d’un disjoncteur divisionnaire, chargé de protéger un circuit contre les surcharges et les courts-circuits. Elle ne concerne ni le raccordement ni le remplacement du disjoncteur d’abonné.
Un emplacement libre ne suffit pas à rendre l’ajout possible. La rangée doit être protégée par un interrupteur différentiel adapté, le système de répartition doit être compatible avec le nouveau matériel et le nombre de disjoncteurs placés sous le même différentiel ne doit pas dépasser huit. Chaque circuit doit disposer de son propre disjoncteur et un disjoncteur ne doit protéger qu’un seul circuit.
Il faut également vérifier la section des conducteurs, l’usage du circuit et le calibre de la protection. Voici des configurations résidentielles courantes en France.
| Usage du circuit | Section des conducteurs | Protection maximale | Limite associée |
|---|---|---|---|
| Éclairage | 1,5 mm² | 10 A ou 16 A | Huit points d’éclairage |
| Prises de courant | 1,5 mm² | 16 A | Huit prises |
| Prises de courant | 2,5 mm² | 20 A | Douze prises |
| Plaques de cuisson | 6 mm² | 32 A | Circuit dédié |
Choisir un calibre supérieur sans augmenter la section des conducteurs supprimerait une partie de leur protection. À l’inverse, le calibre ne se choisit pas uniquement d’après la puissance prévue : la section, la destination du circuit et les limites applicables doivent être compatibles entre elles.
Mettre le tableau réellement hors tension
Avant d’ouvrir le tableau, l’alimentation générale doit être coupée au disjoncteur d’abonné et toute remise sous tension intempestive doit être empêchée. Cette coupure doit être suivie d’une vérification d’absence de tension au lieu exact de l’intervention, sur chaque conducteur actif, neutre compris.
Cette vérification exige un vérificateur d’absence de tension conçu pour cet usage. Un tournevis testeur, un voltmètre ou un appareil de mesure ordinaire ne remplace pas ce dispositif. Sans vérificateur adapté, il ne faut pas intervenir dans le tableau.
Raccorder le disjoncteur divisionnaire
- Identifier la rangée appropriée. Elle doit être alimentée par l’interrupteur différentiel prévu pour le circuit et disposer d’un emplacement compatible avec le nouveau disjoncteur.
- Clipser le disjoncteur sur le rail DIN. L’appareil doit être correctement maintenu et aligné avec les autres modules avant tout raccordement.
- Raccorder l’alimentation. Dans une configuration domestique courante, le différentiel alimente les disjoncteurs de la rangée par un peigne horizontal. Le disjoncteur et le peigne doivent appartenir à des systèmes compatibles. Aucune dent conductrice ne doit rester accessible.
- Raccorder le départ du circuit. La phase et le neutre sont introduits dans les bornes indiquées par le marquage de l’appareil. Il faut respecter la longueur de dénudage et, pour des bornes à vis, le couple de serrage propres à la référence. Une valeur relevée dans un tutoriel consacré à un autre modèle ne peut pas être reprise automatiquement.
- Raccorder la terre séparément. Le conducteur vert-jaune ne traverse pas le disjoncteur. Il rejoint le bornier de terre du tableau.
Le trajet fonctionnel est donc le suivant : l’interrupteur différentiel alimente le disjoncteur divisionnaire, puis la phase et le neutre repartent vers le circuit protégé. La terre suit un chemin séparé jusqu’au bornier prévu à cet effet. Cette distinction évite notamment de chercher une borne de terre sur le disjoncteur.
Refermer le tableau avant les essais
Une fois les raccordements terminés, le nouveau circuit doit être identifié par une étiquette. Le capot du tableau doit être remis en place et les emplacements encore libres doivent être fermés avec des obturateurs. La remise sous tension et les essais ne s’effectuent qu’après cette remise en état complète.
Il est préférable de ne pas intervenir soi-même si le tableau est ancien ou endommagé, si les conducteurs ne sont pas identifiés, si le peigne et le disjoncteur ne sont pas manifestement compatibles, si la capacité du différentiel est incertaine ou si l’installation est triphasée. Ces situations nécessitent d’établir la configuration réelle du tableau avant tout raccordement.







